Atim signifie chien en Innu.

Je présente sur ce blog quelques courts articles sur le traîneau à chiens et sur la vie du chenil d'Aventuraid, Québec.

L'occasion pour ceux qui sont partis en expé avec nous de retrouver leurs chiens.

dimanche 10 octobre 2010

Renforcement négatif, renforcement négatif

Voilà deux expressions très connues dans les cercles d'amateurs de chiens.

Le chien vient du loup, le loup sort du bois. Et au bois, pour un animal sauvage, les mauvaises expériences ne laissent pas que des mauvais souvenirs, des blessures aussi, des handicaps, des moments de stress intense ou de famine, la mort parfois. Pour suivre le chemin sinueux de la survie en forêt, les loups ont appris à apprendre. Résultat : quand un loup vit une bonne expérience ou une mauvaise expérience, il s'en souviendra et l'anticipera.

Un loup, par exemple, qui passe la tête dans un collet et qui arrive à s'en sortir, ne passera pas deux fois la tête dans un collet. A l'inverse, s'il trouve des morceaux de graisse grillée sous les restes d'un feu de camp, il risque fort de venir fouiller toutes les places de feu qu'il trouvera. Et plus le caractère positif ou négatif d'une expérience se répétera, soit en fréquence, soit en intensité, et plus le comportement du loup sera renforcé.

Il en va de même pour le chien. C'est pourquoi, lorsqu'on travaille avec un chien, on manie la carotte et le bâton comme on dit familièrement. La carotte n'étant pas nécessairement comestible, ce peut être aussi la chaleur d'un groupe au traîneau ou l'approbation du musher.

Lorsqu'on éduque un jeune chien au traîneau, par exemple, on fera en sorte de multiplier les bonnes expériences pour le chien, en limitant les mauvaises. Le rôle du musher consistera à s'assurer que le traîneau ne soit pas trop lourd, assez glissant, et que le groupe de chien constitué pour accompagner le jeune dans son apprentissage soit calme et travailleur.

Difficulté supplémentaire : le renforcement négatif est plus fort que le renforcement positif. Il faut donc impérativement, pour les premières sorties du moins, éviter les expériences traumatisantes -le traîneau qui vient frapper le chien, une grosse bagarre sur le traîneaux, etc.- et prévoir de courtes sorties pour que, en cas de mauvaise expérience, celle-ci ne soit pas trop longue.

Avec le temps, les expériences se sédimentent dans la tête du chien et un même exercice se trouve connoté de manière durable positivement ou négativement. Un chien aguerri ne se dégôutera pas du travail au traîneau parce qu'il a eu une ou deux expériences négatives. On peut alors le pousser un peu tout en s'assurant que, sur le long terme, le traîneau reste pour lui une expérience plaisante.

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